Synopsis


Flo est à l’aube de la quarantaine, l’âge auquel les homosexuels masculins basculent dans le camp des « vieux ». L’angoisse du temps qui passe et la terreur insidieuse que génère toujours le sida, ce mal devenu indicible, le rongent au-delà de ce qu’il consent à s’avouer lui-même. Il s’abîme à Paris dans une impasse affective dont il ne parvient pas à s’extraire, en dépit de toutes les opportunités que lui offre la ville.

La mort brutale de son père, puis une rencontre fortuite sur Internet vont secouer son désabusement et l’entraîner au Québec dans une aventure amicale. D’abord fasciné par les nuits montréalaises où l’on célèbre joyeusement sexe, drogues et musiques électroniques, il découvre en une année et trois séjours successifs un pays chaleureux mais contrasté, qui ne ressemble pas toujours à l’idée qu’en ont les Français.

Saura-t-il puiser au goût cruel et onctueux de ce voyage initiatique une nouvelle envie de vivre ? Pourra-t-il alors conjurer le sort de la lente agonie à laquelle il semble se résigner ? Et réussira-t-il enfin à s’accorder de l’autre côté de l’Atlantique la relation romantique qu’il se refuse à Paris ?


Quelques clés supplémentaires

« Chroniques de l’assassin » témoigne de la façon dont les homosexuels vivent aujourd’hui leur rapport au sida, ce mal qui n’est désormais plus désigné dans la vie quotidienne — son nom n’est d’ailleurs jamais écrit ni prononcé tout au long du récit — et qui est certes jugulé mais qui continue de structurer toutes leurs relations, amicales, sentimentales, sociales.

Au cours de soixante-deux chroniques, cette fiction parle librement d’une sexualité qui, après les décennies de terreur, s’est « médicalisée ». Si les progrès thérapeutiques permettent désormais — et c’est louable — d’éviter les drames, ils ont aussi donné à certains un sentiment d’impunité, voire l’occasion de développer une doctrine délétère.

En miroir de cette libido, la fête également placée sous chimie constitue le décor cru d’un triple arc narratif : une histoire d’amitié à travers la découverte du Québec ; un drame psychologique et affectif ; et une quête romantique puisque Flo, le narrateur, essaie de trouver l’amour dans un contexte paradoxal de sexualité facile.

Construit de façon géométrique, Chroniques de l’assassin propose une langue à la fois familière et subtile qui mêle références ouvertes et hommages littéraires, musicaux et cinématographiques plus discrets.

Bonne lecture !